Staline et son culte


Par Jeronimo CARRERA
Président du Parti communiste vénézuélien

Cette fois je vais me référer à un thème qui garde sa valeur bien qu’il y ait plus d’un demi-siècle qu’il ait été énoncé pour la première fois. On peut même dire qu’il dépasse maintenant son cadre personnel d’origine. Il s’agit de Joseph Vissarionovitch Staline, qui en février 1956 fut descendu des hauteurs célestes et condamné à l'enfer éternel pour délit de «culte de la personnalité», au cours du surprenant XXe Congrès du Parti communiste de l'URSS.

Je profite pour cela du 21 décembre, date de naissance de cet extraordinaire homme d'État géorgien, né en 1879 et mort à Moscou, dans son lit, le 5 mars 1953 à l’âge de 73 ans. Le débat théorique, et nous pourrions dire philosophique, sur «le rôle de l’individu dans l’Histoire» comme le disait le social démocrate russe Plekhanov, a, bien sûr toujours sa valeur et en certaines occasions beaucoup d'actualité. Mais ce qui me parait plus significatif, dans le contexte de la situation mondiale actuelle, est le fait évident que Staline soit le personnage historique le plus attaqué de nos jours par tous les porte-parole de la bourgeoisie internationale.

En réalité après avoir été le plus applaudi mondialement de tous les grands révolutionnaires qu’a engendré l’Humanité, et même plus que ses géniaux maîtres Marx, Engels et Lénine, nous constatons tous les jours que Staline est devenu le plus vilipendé et l'objet d'accusations de tout type, les unes raisonnées se rapportant à des faits qui ont eu lieu, mais la majorité fondées sur des fabrications.

Ces attaques visent naturellement à discréditer les communistes en général et leurs auteurs sont de toute évidence orchestrés par les agences de la propagande de guerre de Washington.

Un de leurs trucs favoris est de mettre Staline dans le même sac que des figures fascistes exécrables de l'Histoire récente comme Hitler, Mussolini, Franco, Oliveira Salazar et Pinochet, en laissant en dehors tous les pantins criminels au service des yankees dont nous avons souffert ici au Venezuela et dans nos pays frères.

Ce qui et curieux est que, dans le monde entier, aucun autre dirigent politique n’eut, durant sa vie, autant de prestige et de reconnaissance internationale que Staline et non seulement de la part de quelques-uns des plus grands représentants de la littérature et des tous les arts, mais aussi d’hommes d’état bourgeois renommés comme Winston Churchill et Franklin D. Roosevelt. Il suffit, par exemple de lire le texte de la conférence donnée à Caracas le 11 mars 1948 par l'intellectuel vénézuélien connu Miguel Otero Silva, dont on a célébré le centenaire de la naissance il y a peu. Personne ici n'a plus et mieux fait l'éloge de Staline. Il est triste de constater qu'aujourd'hui les gens de gauche ayant accès aux moyens dits d'information, peut-être en paiement de cet accès, se joignent au chœur bourgeois de dénonciation du «stalinisme» et font le jeu de forces réactionnaires.

Il y a près de trente an j’écrivis sur ma page complète du périodique du Parti communiste du Venezuela, dédiée au centenaire de Staline: «les anticommunistes de tous genres sont nombreux, mais ils composent une espèce unique qui croit avoir trouvé dans le «stalinisme» le talon d'Achille des partis communistes. Au moindre prétexte ces messieurs ressortent leur arme favorite, le thème du «stalinisme» croyant ainsi nous écraser irrémédiablement» (Tribuna Popular, Caracas 14.12.1979). Une telle campagne contrerévolutionnaire se poursuit aujourd'hui, à l'échelle mondiale, bien que, quand l'URSS se désintégra ils aient annoncé immédiatement à Washington la mort du communisme.

[Provincia, le 21.12.2008]
[Traduction Josette LINARES]

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