L’Europe de l’Est dans la tourmente : un air de déjà vu…

L’Histoire se répète aujourd’hui d’une manière bien cruelle pour les peuples des pays d’Europe de l’Est. À partir des années 1970, les pays d’Europe de l’Est inclus dans la sphère d’influence du social-impérialisme soviétique ont connu des difficultés économiques grandissantes.

Ainsi, la production annuelle d’acier de la Hongrie stagna autour de 3,7 millions de tonnes durant la période 1980-1988 avant de décliner sensiblement dès 1989. En 1990, elle n’était plus que de 2,9 millions de tonnes et en 1992, son point le plus bas, de 1,5 million de tonnes. Elle atteint son apogée en 2007 à 2,2 millions de tonnes, bien loin cependant de son niveau du début des années 1980… En 2008, sa production commença à décliner.

De même, la production annuelle d’acier de la Bulgarie stagna autour de 2,9 millions de tonnes durant les années 1980 avant de décliner sensiblement dès 1990, année où elle n’était plus que de 2,2 millions de tonnes. En 1992, son point le plus bas, elle n’était plus que de 1,5 million de tonnes. Elle atteint son apogée en 2003 à 2,3 millions de tonnes, bien loin cependant de son niveau du début des années 1980… En 2008, elle s’était effondrée à 1,3 million de tonnes !

En 1990, la production polonaise d’acier se monta à 13,6 millions de tonnes. Elle n’était plus que de 9,8 millions de tonnes en 1992. Elle ne parvint jamais à retrouver son niveau de 1990…

Au début des années 1990, ces pays-ateliers virent leur industrie (alors rattachée à celle du social-impérialisme soviétique) s’effondrer une première fois, incapables de résister à la concurrence livrée par l’industrie de pays ateliers asiatiques inclus dans la sphère d’influence de l’impérialisme américain. Alors que la production d’acier de nombreux pays bourgeois stagna durant la période 1980-1990, celle de quelques pays ateliers appartenant aux sphères d’influence de pays impérialistes occidentaux explosa. Ainsi, la production cumulée d’acier de la Chine, de Taïwan, de la Corée du Sud et de la Turquie passa de 52 à 109 millions de tonnes. En 1992, ces pays en produisirent 130 millions de tonnes (dont 81 millions pour la Chine).

À l’effondrement de l’économie des pays inclus dans sa sphère d’influence (1989-1990), suivit l’effondrement du social-impérialisme soviétique lui-même en 1991. En ex-URSS et dans ses ex-zones d’influence privilégiées, des pans entiers d’industries devenues obsolètes disparurent. En 1994, la production d’acier des pays constituant l’ex-URSS (c’est-à-dire essentiellement la Russie et l’Ukraine) n’était plus que de 78 millions de tonnes, ce qui représentait à peine 48 % de leur production de l’année 1988. En 2007, après avoir profité pendant plusieurs années des hauts tarifs des produits énergétiques et miniers dont ils étaient d’importants exportateurs, la production d’acier de la Russie et de l’Ukraine s’était relevée à un niveau de production représentant 76 % de celui de 1988. Mais dès 2008, leur production s’effondra à nouveau : elle ne représentait plus que 70 % de celle de 1988 ! La même chose vaut pour les ex-pays ateliers inclus dans la sphère d’influence du social-impérialisme soviétique aujourd’hui intégrés à l’UE (27).

Aujourd’hui qu’ils sont rattachés à des puissances impérialistes occidentales (et notamment européennes, à l’instar de l’impérialisme allemand), les pays ateliers est-européens voient à nouveau leur industrie s’effondrer !

Selon le World Investment Report 2008, le stock mondial des IDE entrants se montait à 6881 milliards d’euros en 2007 et celui des IDE sortants à 8848 milliards d’euros. En 2007 les principales métropoles impérialistes d’Europe (Royaume-Uni, France, Allemagne, Pays-Bas, Allemagne, Espagne, Italie, Suède) totalisaient un stock de 4833 milliards d’euros d’IDE entrants (soit 70,2 % du total mondial) pour un stock d’IDE sortant de 6657 milliards d’euros (soit 75,2 % du total mondial). Leurs principales zones d’influence privilégiées en Europe de l’Est (Pologne, République Tchèque, Hongrie, Roumanie, Slovaquie, Bulgarie) totalisaient pour leur part un stock de 479 milliards d’euros d’IDE entrants pour un stock d’IDE sortant de seulement 48 milliards d’euros. (UNCTAD, World Investment Report 2008, p. 284)

En 2007, l’Allemagne était le premier partenaire commercial de la République Tchèque en fournissant 31,8 % de ses importations et en absorbant 30,7 % de ses exportations. D’autres pays impérialistes comme les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la France, l’Autriche ou l’Italie, étaient des partenaires commerciaux importants de la République Tchèque.

L’Allemagne était également le premier partenaire commercial de la Slovaquie en fournissant 31,8 % de ses importations et en absorbant 30,7 % de ses exportations. La République tchèque, elle, arrivait en deuxième position et assurait respectivement 17,3 et 12,6 % des importations et des exportations slovaques. D’autres pays impérialistes comme la France et l’Autriche figuraient parmi les premiers partenaires commerciaux de la Slovaquie, loin derrière ses deux premiers partenaires commerciaux cependant.

L’Allemagne était aussi le premier partenaire commercial de la Pologne en fournissant 29,0 % de ses importations et en absorbant 25,9 % de ses exportations. D’autres pays impérialistes comme l’Italie, la France et les Pays-Bas comptaient parmi ses premiers partenaires commerciaux, mais encore une fois loin derrière l’Allemagne.

Enfin, l’Allemagne était également le premier partenaire commercial de la Hongrie, de la Bulgarie et de la Roumanie. Comme on le verra ensuite, cette présence importante de l’impérialisme allemand dans les ex-pays de l’Est n’est pas sans signification.

Quel a été l’impact du début de la crise économique sur les économies des pays de l’UE ? Selon les statistiques de la BCE publiées dans le bulletin Stat Info de la Banque de France le 24 février 2009, le solde du compte des transactions courantes de la balance des paiements de l’UE pour l’année 2008 s’est fortement dégradé, ce qui prouve que le bloc impérialiste qu’est l’UE est mis en difficulté. En 2008, seul le solde de la balance des services reste positif, mais de manière bien insuffisante pour compenser le solde négatif des biens et des revenus. Ceci signifie pour les métropoles impérialistes de l’UE que leurs zones d’influence privilégiée ne créent plus assez de plus-value. L’effondrement des périphéries précède l’effondrement des centres impérialistes auxquels elles sont rattachées.

En 2008 la production d’acier des pays membres de l’UE a baissé de 5,6 % par rapport à l’année précédente. En janvier 2009, sa production mensuelle avait baissé de plus de 45 % par rapport à la production mensuelle moyenne de 2007 ! En janvier 2009, l’excédent commercial allemand a été réduit à 11 milliards de dollars, face aux 20 milliards de dollars mensuels enregistrés en moyenne en 2008.

Production annuelle d’acier des ex-pays de l’Est intégrés à l’UE (27)

Ainsi, en 2007, la production mensuelle moyenne d’acier des ex-pays de l’Est intégrés à l’UE a été de 2,8 millions de tonnes. Elle s’est maintenue à ce niveau durant le premier semestre 2008, puis s’est effondrée à une moyenne de 2,0 millions de tonnes pour le second semestre. En janvier-février 2009, elle n’a été que de 1,4 million de tonnes.

Déjà, durant la période 1978-2006 la croissance de l’impérialisme chinois avait fourni une remarquable illustration de la loi léniniste du développement inégal et par bond des pays bourgeois sous l’impérialisme. La période actuelle démontre que l’action de cette loi, loin de s’affaiblir en période de crise économique, s’en trouve au contraire démultipliée. Ainsi, la production d’acier chinoise qui était passée de 8,1 à 33,8 % du total mondial durant la période 1980-2006 (Impérialisme et anti-impérialisme, p. 207.), est passée de 36,0 à 48,2 % entre janvier 2008 et février 2009 !

Alors que dans l’ensemble des pays impérialistes en déclin la production d’électricité a quasiment stagné durant la période 2000-2008, celle de la Chine a presque triplé durant ce laps de temps. En 2008, la Chine a produit 3256 milliards de kWh contre 4062 pour les USA et 2520 pour le Royaume-Uni, le Japon, l’Allemagne et la France pris ensemble. (www.indexmundi.com) La base énergétique chinoise a donc connu un développement permettant d’accompagner celui de son essor industriel.

En 2008, la Chine a produit 500 millions de tonnes d’acier, dont seulement 60 millions de tonnes ont été exportées. La structure qualitative de ces produits exportés n’a cessé de s’améliorer : en 2007, 91 % de l’acier exporté était constitué de produits finis (tels les laminés). En 2008, à peine 2 % de l’acier exporté était encore constitué par des produits semi-finis (tels les blooms et les billettes). En 2008, les produits finis étaient vendus à plus de 1200 dollars la tonne contre à peine 700 dollars pour les produits semi-finis. Avec une capacité de production actuelle de 660 millions de tonnes en 2008 (contre 550 millions de tonnes l’année précédente), la Chine possède d’importantes surcapacités de production qui ne manquent déjà pas et ne manqueront pas encore davantage, dans le contexte d’aggravation de la crise des débouchés internationaux, d’exercer une très forte pression sur celles de ses concurrents…

En février 2009, la production mondiale d’acier a confirmé sa chute : seulement 83,8 millions de tonnes d’acier ont été produites, soit une baisse de 3,0 % par rapport à janvier.

Tandis que la production d’acier de l’UE (27) et de la Russie a stagné par rapport au mois précédent, celle des USA a continué de s’effondrer (3,8 millions de tonnes, soit une baisse de 7,9 %). Si la production chinoise a légèrement diminué (40,4 millions de tonnes, soit une baisse de 1,9 %), c’est dans des proportions très inférieures à la production japonaise (5,5 millions de tonnes, soit une baisse de 14,2 %), indienne (4,1 millions de tonnes, soit une baisse de 10,3 %) ou sud-coréenne (3,2 millions de tonnes, soit une baisse de 10,3 %). La position relative de l’impérialisme chinois a donc continué de se renforcer en février, malgré une très forte contraction des débouchés marchands internationaux : en janvier 2009, la Chine avait affiché un excédent commercial confortable de 39,1 milliards de dollars. En février 2009, les importations et des exportations chinoises se sont respectivement montées à 60,5 et 64,9 milliards de dollars, soit un excédent commercial de seulement 4,4 milliards de dollars. Rappelons qu’en 2008, la moyenne mensuelle des importations et des exportations chinoises s’était montée à 76,5 et 101,8 milliards de dollars, soit un excédent commercial de 25,3 milliards de dollars.

Après s’être effondrée au début des années 1990 alors qu’ils étaient constitués en appendice productif du social-impérialisme soviétique, l’économie de ces pays s’effondre donc à nouveau alors qu’elle est aujourd’hui constituée en appendice productif de pays impérialistes ouest-européens !

Demeurer les jouets des rivalités inter-impérialistes, tel est le lot ‘quotidien’ des pays dépendants !

Qu’il est difficile aux élites bourgeoises-compradore de ces pays de trouver un partenaire impérialiste fiable sur le long terme, alors que le mouvement de l’économie mondiale fragilise parfois des puissances impérialistes autrefois dominantes ! Pour les travailleurs et les masses populaires en revanche, cette alternance de périodes d’essor et de déclin, dont les pays dépendants ateliers sont les premières victimes, démontre la nécessité et l’urgence de la révolution socialiste.

Et ce d’autant plus que même les élites bourgeoises compradores de nombreux pays dépendants, à l’exception de celles qui disposent de richesses énergétiques, peuvent difficilement espérer aujourd’hui soit se tourner vers l’impérialisme chinois (aussi longtemps que celui-ci reste l’atelier industriel du Monde), soit pouvoir le concurrencer un jour…

Face à cette voie sans issue à laquelle l’impérialisme a conduit les pays dépendants ateliers concurrents de la Chine, il apparaîtra de plus en plus évident aux peuples des pays dépendants que l’impérialisme chinois continuera à construire son « socialisme aux caractéristiques chinoises » d’une manière similaire à celle des gouvernements « de gauche » des pays impérialistes d’Occident : en forgeant au prolétariat chinois des chaînes dorées ! Pour cela, deux options s’offrent à l’impérialisme chinois :

* soit l’impérialisme chinois conserverait l’actuelle division internationale du travail qu’il a mis en place avec les pays inclus dans sa sphère d’influence naissante. Cette division internationale du travail, caractéristique de la période coloniale, consiste à cantonner l’industrialisation des pays dépendants à quelques industries à composition organique basse et à transformer les matières premières et énergétiques importées au sein même de la métropole.

* soit l’impérialisme chinois opterait pour l’adoption d’une division internationale semblable à celle adoptée par le social-impérialisme soviétique dans les années 1950 conduisant à la transformation des pays dépendants en pays ateliers fournissant en biens de consommation courante la métropole.

Pour l’impérialisme chinois, la poursuite de la première voie (actuellement suivie) permettrait de pérenniser l’exploitation de ses pays dépendants afin d’empêcher qu’un jour l’un d’eux ne puisse se transformer en rival, mais aurait pour contrepartie d’entretenir une forte instabilité politique et de renforcer les tendances séparatistes en leur sein. La seconde voie, elle, permettrait de détourner plus aisément ces tendances sur un chemin réformiste, mais l’adoption de cette voie est conditionnée par la transformation des bourgeoisies impérialistes concurrentes en bourgeoisies compradore. Il faut donc que les élites bourgeoises des USA, du Japon et de l’UE acceptent de brader leur outil productif et leurs connaissances techniques et scientifiques !

Cette option peut sembler peu probable au premier abord. Pourtant, il existe un précédent de taille : l’implosion du social-impérialisme soviétique. Certes, au cours des années ayant ponctué son déclin, le social-impérialisme soviétique avait parfois montré les crocs à ses concurrents (comme en Afghanistan durant la période 1979-1989), mais en définitive les élites bourgeoises avaient accepté, bon gré mal gré, de sacrifier leurs ambitions impérialistes mondiales.

Pourquoi ? Parce qu’elles n’étaient pas véritablement impérialistes ? – comme l’affirmeraient ceux qui sont persuadés que le capitalisme a été restauré en URSS seulement au bout de longues décennies d’agonie. Ou bien parce que, tout en étant aussi impérialistes que les autres, elles n’avaient malgré tout pas vraiment eu le choix ?

Pour un marxiste-léniniste, la réponse à la première question ne peut évidemment qu’être négative. Pour autant, choisir la seconde explication pose une question à laquelle il faut répondre en matérialiste : cet effondrement pacifique loin d’être en quelque sorte une exception aux lois régissant les rapports inter-impérialistes ne résulterait-il pas de conditions objectives ?

N’est-ce pas une déviation révisionniste et kautskiste que d’affirmer que les rivalités inter-impérialistes peuvent trouver une solution sur le terrain du pacifisme et qu’une puissance impérialiste victime d’un déclin économique puisse se résigner à accepter sa défaite sans se lancer dans des aventures militaires, d’autant que le social-impérialisme soviétique disposait d’une industrie de défense et d’un arsenal d’armements très développés ? Du temps de Lénine et Staline, les puissances impérialistes en déclin n’hésitaient pas à employer la force pour défendre leurs intérêts menacés et leur statut de puissance impérialiste. Alors pourquoi, depuis plus de soixante-dix ans, malgré la persistance de rivalités inter-impérialistes parfois très aiguës, le système mondial de l’impérialisme n’a-t-il pas connu de nouvelle guerre mondiale ?

Un matérialiste ne peut évidemment pas expliquer ceci par l’humanisation de la bourgeoisie, celle-ci faisant toujours aussi peu de cas de la vie humaine qui ne vaut toujours pour elle pas plus que ce qu’elle vaut sur le marché de la force de travail (c’est-à-dire rien du fait de la profusion de cette marchandise !), ni non plus par l’atténuation de ces rivalités économiques ou l’absence de crise économique, celles-ci ayant ponctué les décennies passées.

Ne nous trouvons donc pas en apparence face à une impasse ?

Si l’exacerbation des rivalités inter-impérialistes a conduit à deux guerres mondiales au cours des quatre premières décennies du 20ème siècle, il ne faut pas oublier les conditions économiques concrètes sur lesquelles se sont produites ces guerres. À cette époque, le système mondial de l’impérialisme était caractérisé par une division internationale du travail bien précise. L’essentiel est que chaque puissance impérialiste, tout en étant dépendante des marchés extérieurs pour une fraction plus ou moins importante de ses besoins en ressources énergétiques et en matières premières, n’en possédait pas moins sur son sol national une industrie diversifiée à branches multiples lui apportant une relative autonomie pour mener une guerre. Une guerre, parce qu’elle sollicite de multiples branches d’industrie et parce qu’elle s’accompagne de destructions gigantesques, nécessite de la part des belligérants qu’ils soient capables d’assurer le renouvellement des moyens de production usés ou détruits à une large échelle. Plus l’intégration internationale des pays bourgeois dans un environnement économique unique est étroite, plus il est difficile à chacun d’assurer la production de a à z de tout ce qui est nécessaire à une économie. En temps de guerre, cela devient rapidement problématique.

Au cours des années 1960-1980, le social-impérialisme soviétique contracta une très forte dépendance vis-à-vis des technologies de ses concurrents occidentaux. N’est-ce pas ce fait objectif qui détermina la liquidation pacifique du social-impérialisme soviétique ?

La question fondamentale à laquelle il s’agit de répondre est donc : les pays impérialistes en déclin (du moins certains) se trouvent-ils déjà aujourd’hui dans une situation similaire à celle du social-impérialisme soviétique ? Si ce n’est pas le cas, est-ce le chemin qu’ils prennent ?

Ainsi, les USA, malgré leur actuelle politique coloniale agressive dans certains pays dépendants, n’ont-ils pas aujourd’hui un tissu industriel si réduit et si dépendant de l’étranger qu’il interdise déjà à l’impérialisme américain de mener une guerre frontale contre son principal concurrent qui dispose lui sur son propre sol d’une industrie beaucoup plus diversifiée ? C’est ce que laisse penser la forte dépendance américaine aux moyens de production étrangers.

C’est aussi ce que laissent penser les pressants appels à l’aide lancés par l’administration Obama au cours du récent sommet de l’OTAN. Derrière la prétendue probabilité supérieure d’une attaque terroriste en Europe qu’aux USA « du fait de sa proximité géographique » ! L’impérialisme américain devrait pourtant savoir par expérience qu’à l’ère de l’aéronautique les distances comptent peu… En fait, Obama cherche à soulager l’impérialisme américain d’une partie des charges de la coûteuse occupation militaire de l’Afghanistan : « l'Europe ne devrait pas s'attendre à ce que les États-Unis portent seuls ce fardeau », a-t-il déclaré. Mais eux-mêmes en proie à de graves difficultés économiques, l’impérialisme allemand et l’impérialisme français ne se sont évidemment pas laissé berner par cet argument et ont fait savoir « qu'il n'y aurait pas plus de renforts militaires ». Maigre consolation pour Obama, ses alliés impérialistes ont assuré être disposés « à faire davantage sur le plan de la police, de la gendarmerie, sur le plan de l'aide économique pour former des Afghans »… (AFP, 03/04/2009)

Ainsi, de manière évidente, le club de l’OTAN, à l’instar de celui de l’UE, a du plomb dans l’aile… Confronté à un déficit budgétaire calamiteux et lui-même menacé de faillite, l’État impérialiste américain n’aura peut-être bientôt plus d’autre choix que d’imiter le social-impérialisme soviétique dans sa retraite d’Afghanistan deux décennies plus tôt, une retraite qui avait signifié la fin de son existence. Après avoir une dernière fois montré les crocs, le Capital financier américain rentrera peut-être bientôt se coucher docilement dans le panier que lui assignera son nouveau maître !

Le kautskisme projetait les illusions démocratiques-bourgeoises et parlementaristes des petits-bourgeois des métropoles impérialistes et leur conférait une portée mondiale. Le rêve de pacifisme entre les classes au sein d’une même nation se transformait ainsi en rêve d’une exploitation internationale pacifique et concertée des colonies. Le kautskisme était d’essence contre-révolutionnaire, car il entretenait les masses exploitées dans des illusions petites-bourgeoises qui en faisaient ensuite une proie facile du fascisme et des guerres inter-impérialistes.

Que signifie aujourd’hui ce ‘pacifisme’ auquel peut être contraint un pays impérialiste ? Il signifie que lorsque la violence ne peut plus être employée contre un concurrent impérialiste, elle est alors employée contre les masses exploitées de la puissance impérialiste liquidée ! Il s’agit alors pour la puissance impérialiste triomphante et la nouvelle bourgeoisie compradore autochtone de faire accepter aux masses exploitées la dégradation inouïe de leurs conditions de vie !

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