Lucien Sève revient à la charge.

Dans son article dans le Monde diplomatique «Marx contre-attaque» Lucien Sève, cet authentique marxiste, pour contrer cette contre-attaque revient à la charge, en bon anticommuniste, à la défense de la bourgeoisie. « Les travaux de Karl Marx suscitent à nouveau l’intérêt.» nous explique Sève», C’est bien dans le but de détourner et d’orienter  cet intérêt que Sève nous revient. Tout en oubliant de dire que Staline et ses  œuvres le font aussi.

S'intéresser à ce que dit  Lucien Sève, n'est jamais neutre, Malheureusement il reste une référence pour de nombreux militants communistes et il a joué dans l'histoire intellectuelle du P.C.F. et de tous les partis francophones un rôle charnière à un moment important de l'histoire du Mouvement Communiste International.  

Il devient de plus en plus évident pour tous que la bourgeoisie redoute la renaissance du stalinisme, il n’y a jamais eu tant de livres et  de films anti-Staline, ce qui constitue le témoignage le plus concret de ce que le stalinisme est bien, de nos jours l’unique drapeau de  la classe ouvrière.

C’est bien dans ce sens que se place toute l’activité de Lucien Sève. Sève refuse bien de se considérer «anti staliniste». Sève écrit: On va répétant que Marx, fort dans la critique, serait sans crédibilité quant aux solutions, car son communisme, « essayé » à l’Est, aurait radicalement échoué. Comme si le défunt socialisme stalino-bréjnévien avait eu quelque chose de vraiment commun avec la visée communiste de Marx. Il n’est pas facile de comprendre Sève lui qui fait l’éloge du XXè Congrès  et de Khrouchtchev comme on le constatera plus loin.

« Marx est actuel et même plus qu’on ne pense ? ajoute-t-il Oui, si on veut bien actualiser l’image traditionnelle qu’on se fait trop souvent de lui. »

Lucien Sève s’est toujours bien gardé de se dire anti-stalinien. C’est sans doute pour se montrer objectif dans sa critique de Staline  en la  reportant sur le culte de la personnalité de Staline. Voici ce qu’il écrit justement à la  page 213  de son livre « La philosophie française contemporaine.» : Le culte de la personnalité de Staline.    C'est dans ce contexte d'importance primordiale qu'il convient de replacer les conséquences néfastes du culte de la personnalité de Staline. Mais, pour en apprécier exactement la portée, il faut partir d'une description et d'une compréhension correcte, des faits et non se lancer dans l'affabulation irresponsable. C'est pourtant cette deuxième voie qui a la faveur de ceux qui remplacent la notion exacte de culte de la personnalité de Staline par celle, mystificatrice, de « stalinisme ». Le sens de cette opération est clair °parler de culte de la personnalité de Staline, c'est faire porter la critique sur les aspects négatifs de l'œuvre de Staline, de l'époque de Staline ; parler de stalinisme, c'est faire porter la critique sur l'ensemble de cette œuvre et de cette époque, y compris leurs aspects positifs essentiels (souligné par moi). L'emploi du vocable « stalinisme », qui implique l'idée d'une altération essentielle du socialisme et du marxisme, est déjà une mise en perspective anticommuniste et antimarxiste. Il n'y a pas lieu de s'étonner dès lors si toutes les descriptions du prétendu «stalinisme » aboutissent en fin de compte à l'anticommunisme et à l'antimarxisme.

C’est bien, mais c’est ce que fait Sève en dernière analyse.

Du reste, écrit-il, toutes ces descriptions émanent soit de penseurs foncièrement étrangers au marxisme militant, qui ne savent ni de quoi ils parlent ni ce qu'ils disent est vrai- soit de  « marxistes» qu'un malentendu fondamental a toujours séparés du marxisme, et chez qui le repoussoir du «stalinisme » est d'abord la projection fantastique de leur inaptitude à se l'assimiler complètement.

Ces descriptions, nous les récusons; et le mouvement même de l'histoire les récuse. Car s'il était vrai que le marxisme se soit arrêté, comment aurait-il jamais pu trouver en lui-même l'impulsion capable de le remettre en mouvement ? Plus le pourfendeur du stalinisme noircit le tableau, plus il lui devient impossible d'expliquer l'extraordinaire renouvellement créateur dont témoignent, depuis le XXe Congrès du P. C. U. S., la société soviétique, le mouvement communiste international et la pensée marxiste.»

 On peut demander à Lucien Sève qui ne veut pas se dire anti-stalinien de nous expliquer «cet extraordinaire  renouvellement  créateur  dont à témoigner ce XXè Congrès du PCUS. Il est pourtant assez facile de démontrer le lien  de la  dite <dénonciation du culte de la personnalité>   avec le révisionnisme de Khrouchtchev.

Sève a été incapable de faire une analyse scientifique, marxisme du XXème Congrès. Aucun mot sur les « réformes économiques » auxquelles Khrouchtchev et Brejnev ont procédé après avoir usurpé le pouvoir. Aucun mot sur les catégories marchandes qui ont été rétablies et qui ont mené à la restauration du capitalisme en URSS. Séve n’a jamais compris l’essence des transformations qui se sont accomplies en URSS.

Pour terminer sur cette question, il faut rappeler que

« L'attitude à l'égard de la classe ouvrière et de son rôle dirigeant est une pierre de touche pour tous les révolutionnaires. L'abandon de l'idée de l'hégémonie du prolétariat dans le mouvement révolutionnaire actuel est comme l'indiquait Lénine, l'aspect le plus vulgaire du réformisme. »

Nous savons tous qu’une science ne peut se développer que sur la base de ses principes fondamentaux.

Pour les révisionnistes, comme pour Lucien Sève  ils n’ont pas développer le marxisme, ils l’ont revisionné en niant ses principes et en accusant de dogmatisme ceux qui s’en tenaient  aux principes.

Lucien Sève, tout grand marxiste qu’il peut être n’a pas analysé l’œuvre de Staline en dialecticien, il l’a fait d’une manière éclectique. À la Ziouganov il ne se dit pas anti-stalinien il attaque Staline en rejetant sur lui la responsabilité du culte de la personnalité.

En 1956, lors du XXème congrès du Parti C.U.S, Qu’est-ce qui était à l’ordre du jour?

Nos marxistes n’ont-ils jamais pensé que la  dite <dénonciation du culte de la personnalité> était  en lien avec le révisionnisme de Khrouchtchev, mis à l’ordre du jour?

L’anti-stalinisme aide-t-il notre cause?

A la mort de Staline, l'alternative n'était pas « s'attaquer aux contradictions sociales » ou «mettre en œuvre des réformes économiques », mais poursuivre dans la voie socialiste ou prendre la voie capitaliste. Les révisionnistes khrouchtchéviens se sont « attaqués aux contradictions sociales »à leur manière : ils ont, par un coup d'État contre-révolutionnaire, transformé la dictature du prolétariat en dictature de la bourgeoisie, renversé le socialisme et restauré le capitalisme. Les « réformes économiques » auxquelles Khrouchtchev et Brejnev ont procédé après avoir usurpé le pouvoir, n'étaient pas des «tentatives visant à faire mieux fonctionner le système économique », mais consistaient à remplacer les principes de la propriété socialiste, dans laquelle le peuple entier dirige la gestion des unités de production, par une direction et une gestion basées sur les principes capitalistes, qui font du profit le critère et le but de la production. Les catégories marchandes ont été ainsi rétablies sur toute la ligne et le capitalisme complètement restauré en URSS. La « dégradation croissante des conditions de fonctionnement de l'économie  est la conséquence inéluctable des mesures réactionnaires de restauration du capitalisme prises par la clique des renégats révisionnistes.

Pour Sève et tous ces révisionnistes  ce ne sont pas ces réformes économiques qui furent la cause du rétablissements du capitalisme en URSS mais bien le « Culte de la personnalité de Staline» Ce fut là une opération de lavage de cerveau à l’échelle planétaire,  Nous y reviendrons.

Dr Adélard Paquin

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