A Propos de L'unification des Partis Communistes

Intervention de N. A. Andréyeva, Secrétaire générale du CC. du PCBtUS, à la Conférence des dirigeants des partis communistes de Russie (POCR1, PdCR2, PCR-PCUS3) avec la participation du PCBtUS.

Article publié dans le journal Ukrainien <Rabotché-Krest’yanskaya Pravda> no. 6 (39), 2000 - publié dans le journal <Nouvelles d’URSS>, No 15, octobre 2000

Avant d’exposer la vision qu'ont les membres du PCBtUS de la question posée, j'estime opportun d’exprimer mon désaccord avec l'opinion de certains leaders de partis communistes qui parlent d'un état de crise, prétendent-ils, dans le mouvement communiste, laquelle engloberait non seulement les partis communistes existant sur le territoire de l'URSS, mais également ceux d’autres pays où existe un mouvement communiste connaissant un pluripartisme communiste. Lorsque l'on analyse la situation chez nous et à l'étranger, la conclusion s’impose d’elle-même suivant laquelle, est partout en cours, dans le mouvement communiste, un intense processus de démarquage qui s'accompagne de la dénonciation de la position opportuniste des leaders de toute une série de partis se disant communistes, du morcellement de ces partis et de leur oubli graduel en tant que communistes. Cela concerne la majorité des partis dits parlementaires qui se sont jusqu'à présent parfaitement accommodés des régimes capitalistes régnants et n'ont rien fait pour faire avancer la lutte révolutionnaire du prolétariat pour le pouvoir et l'affirmation de 1a dictature du prolétariat. Et la question de la reconnaissance ou de la non-reconnaissance de 1a dictature du prolétariat - qui, comme l'on sait, revêt la plus extrême importance dans la théorie marxiste-léniniste - est le papier de tournesol dans le diagnostic de la qualité de communiste d'un parti.

Le processus de démarquage que l'on observe dans le mouvement communiste est un processus naturel et il n'y pas lieu de s'émouvoir du fait que les partis sociaux-démocrates, du genre PCR et d'autres qui se boutonnent dessus, quittent l'arène historique et disparaissent du mouvement communiste. Un processus est en cours d'épuration du mouvement communiste de ses anticommunistes, de ses pro-gorbatchyoviens, de ses pro-khrouchtchyoviens, de ses anti-stalinistes et autres, camouflés ou déclarés, qui se sont trouvés pour telles ou telles raisons à l'intérieur du mouvement communiste. Nous saluons ce processus d'épuration.

La question du renforcement précisément du courant marxiste-léniniste, bolcheviste, dans le mouvement communiste est déjà inscrite à l'ordre du jour par l’histoire elle-même. Nous avons déjà caractérisé la nécessité impérieuse de ce processus en 1994 lors du Plénum de mars du CC du PCBtUS En 1997, partant de l'analyse scientifique marxiste-léniniste de la situation dans le mouvement communiste international et chez nous, nous avons formulé la prévision qu'au XXIe siècle le bolchevisme deviendra la théorie et la pratique du mouvement communiste international.

Je rappellerais que la bolchévisation, c'est le passage des partis communistes sur les positions du léninisme, c'est le cap sur le changement révolutionnaire du régime social et politique, c'est l'édification du parti sur la base du centralisme démocratique, de la critique et de l'autocritique, de la stricte discipline consciente de parti, c'est le démarquage résolu d'avec l'opportunisme, le révisionnisme, le révolutionnarisme petit-bourgeois, c'est la prolétarisation du mouvement révolutionnaire, son affranchissement de l'arrière-gardisme, de la tendance à compter sur les autres, de l'esprit de conciliation et du capitulationnisme.

Le processus de bolchévisation du mouvement communiste est un processus objectivo-subjectif. Il est objectif, indépendant des souhaits de quiconque, parce qu'il repose sur les modifications régulières dans la répartition des forces de classe, sur l'inéluctabilité du démarquage de l'aile révolutionnaire prolétarienne du mouvement communiste d’avec l'aile opportuniste, conciliatrice, du révolutionnarisme petit-bourgeois. Subjectif, parce qu'il est lié au niveau atteint dans la préparation idéologique et politique et dans l'organisation des actions révolutionnaires. On ne peut compter écraser la contre-révolution sans avoir résolu la question de la bolchévisation du mouvement communiste sur le territoire de l'URSS. Les leaders des partis communistes actuellement en activité doivent le percevoir

Le danger que représente, pour la contre-révolution, la future bolchévisation du mouvement communiste est bien compris par les idéologues de la contre-révolution, c'est pourquoi l’attaque principale lancée dans le mouvement communiste est aujourd'hui précisément dirigée contre le PCBtUS et ses militants. Ces derniers temps, les régimes de la contre-révolution bourgeoise sont passés de la politique de l’entrisme - l'introduction chez nous d'ennemis du bolchevisme, très au fait et bien préparés, qui ont tenté de faire exploser le parti de l'intérieur et dont l'action s'est en particulier intensifiée après la mort en octobre 1996 du professeur V. I. Klouchine, idéologue du PCBtUS - à la politique de la terreur blanche dans la mesure où ils ne sont pas parvenus à faire exploser notre parti de l’intérieur. Rien qu'au cours des quatre dernières années, le parti a perdu plusieurs de ses meilleurs militants. Le camarade S. P. Soubbotine (de la ville des Tcherkassî), membre du Comité central et du Bureau du Comité central pour l'Ukraine, la Moldavie et le Pridnestrovyé, Héros de l'Union soviétique (pour son premier éperonnage d’une forteresse volante américaine à bord de son chasseur à réaction en 1952), a été tué en 1996 alors qu'il rentrait chez lui (il avait auparavant été plusieurs fois menacé). Le camarade A. L. Bondarenko, responsable relevant directement du Comité central pour l'oblaste de Kharkov, a été tué en 1997 dans un étrange accident de la route, quatre jours après le succès d’une manifestation et d’un meeting à l'usine «Faucille et Marteau» de Kharkov, sur une autoroute sans circulation: une voiture l'a attaqué par l'arrière et heurté avant de prendre la fuite; les coupables de cet accident n'ont évidemment pas été retrouvés.

En l'été 1998, le camarade Maxime Chakine, 26 ans, Secrétaire de l'organisation du parti de la ville de Toula, a été tué sur le chemin du retour chez lui en rentrant dune réunion du parti. On n'a jusqu'à présent retrouvé ni son corps, ni qui a fait cela. Tout récemment, après le IIIe Congrès du PCBtUS qui s'est tenu en février, le camarade Vladimir Alexandrovitch Ptitsîne, dirigeant de l'Organisation de Vladimir du PCBtUS, a été retrouvé mort chez lui le 2 mars, dans son appartement incendié (officiellement, le feu s'est déclaré la nuit des suites d’une cigarette non éteinte dans son lit). Bien que l'on ait trouvé son corps carbonisé non pas dans son lit, mais assis à table dans sa cuisine. C'est donc qu'ils l'ont tué, puis ont incendi son appartement pour effacer les traces. Ce même jour du 2 mars, le camarade Vyatcheslav Pchémakovitch Jémadourov, 53 ans, dirigeant de l'organisation adyghéenne du parti, a été tué dans un meeting. Les PCR-iens qui ont assisté à ce meurtre gardent le silence.

Le professeur V. I. Klouchine, idéologue du PCBtUS, a pratiquement été tué à l'hôpital en 1996 où, en violation de tous les canons juridiques, médicaux et moraux, on lui a fait subir une intervention chirurgicale non tolérable.

Comme nous le voyons, le régime s'en prend à nos militants, frappant les plus actifs et les plus compétents. Les poursuites judiciaires contre nos militants n'en finissent plus non plus. Cela concerne en particulier nos militants d'Ukraine et du Kazakhstan. A Sévastopol, après trois ans de surveillance, par les services de la SBU, des actions politiques organisées par nos camarades, plusieurs membres du Comité de Sévastopol' du PCBtUS ont été frappés d'une énorme amende.

Un procès en fermeture du journal «Rabotché-Krest'yanskaya Pravda» (Ukraine) a maintes fois été intenté durant les trois dernières années, mais la compétence juridique de son Rédacteur lui fait chaque fois remporter la victoire dans les poursuites judiciaires de la part du régime de Koutchma.

Le PCBtUS se trouve aujourd'hui à la pointe de la lutte de classe acharnée. Mais aucune terreur exercée par les services spéciaux des régimes en place n'est capable de nous faire abandonner la lutte pour la renaissance de 1'URSS et du socialisme. Et c'est pourquoi ceux qui, dans le mouvement communiste, serait-ce par leur pseudo-qualité de communiste, serait-ce par bassesse, serait-ce par bêtise, nous mettent, à nous, le PCBtUS, les bâtons dans les roues, ceux-là viennent pratiquement en aide au régime.

Ainsi, le mouvement communiste se trouve-t-il, à notre avis, non pas en état de crise, mais en état d’auto épuration qui mène nécessairement à sa dynamisation.

Certes, il est plus facile de se battre ensemble, en sentant le contact coude à coude des camarades de combat, et c’est pourquoi la question de l'unification des forces dans le mouvement communiste se pose depuis déjà longtemps et fait l'objet de débats assez douloureux. A l'heure actuelle, cette question est assez complexe et embrouillée et se présente extérieurement comme un ensemble de tentatives réitérées, de la part de diverses personnes et même de mouvements, de procéder à l'unification organique de tous les partis communistes actuellement en activité.

Pourtant, comme en témoigne l’histoire, toute unification ne conduit pas forcément au renforcement du mouvement, mais crée souvent des difficultés supplémentaires et peut, dans certaines conditions, liquider le mouvement lui-même.

C'est pourquoi la question est extrêmement importante de savoir quand, avec qui et comment s'unifier après s'être au préalable démarqué d’avec ceux qui se jettent dans les jambes du mouvement communiste en camouflant leur attitude anticommuniste au moyen de slogans communistes justes, mais qui ne correspondent pas à l'essence de leur travail, faisant ainsi concrètement la démonstration de la rupture de leurs paroles d'avec leurs actes.

La solution du problème de l'unification des partis communistes en activité dépend de la combinaison de plusieurs conditions et circonstances dont les plus importantes sont, à notre avis:

- la situation socio-économique dans le pays;

- la répartition des forces des classes qui luttent pour le pouvoir;

- le caractère des futures transformations révolutionnaires dans la société;

- la composition sociale et les forces motrices du processus révolutionnaire;

- l'état organisationnel interne et idéo-politique des partis politiques proches, candidats potentiels à l'unification;

- l'attitude révolutionnaire, le prestige, la maturité théorique et le niveau idéologique et politique de la direction des partis s'unifiant.

Ces derniers temps, c’est précisément la question de 1'unification organique qui a été la plus activée, ce qui témoigne ou bien de l’analphabétisme politique, ou bien du caractère aventurier des leaders-unificateurs.

Au début de cette année, des appels ont retenti venant de O. Chénine, leader de 1'UPC-PCUS, accompagné de V. Anpilov, en vue de la création d’un PCUS unique pour toute l'Union soviétique en se fondant sur le fait qu'à présent, la Biélorussie et la Russie sont réunies (se réunissent) en un État unique. I1 semble bien que le mouvement communiste n'ait rien à attendre d’une telle unification de l'Union de Chénine avec le PCB (cf. note 4) de Tchikine. En effet, l'infanterie de 1’UPC-PCUS, c’est, au fond, avec le PCFR social-démocrate de Zyouganov com-ne base, celle des partis social-démocratisés des anciennes républiques fédérées, respectueux des lois, dûment enregistrés, dans la majorité des programmes desquels il est stipulé qu'ils agissent dans le cadre des constitutions bourgeoises de leurs États, constitutions suivant lesquelles les activités communistes relèvent, dans la majorité des républiques, des activités hostiles à l'État. Ce ne sont au fond que des partis parlementaires qui ne se réfèrent même pas à la dictature du prolétariat. On se demande comment O. S. Chénine lui-même se propose-t-il de faire renaître l'URSS et le socialisme, dont il se veut le défenseur, à l'aide d’une telle infanterie. On en arrive à une absurdité complète. Quant au PCB (V. Tchikine), c'est en fait un parti pro-gouvernemental, pro-Loukachenkien.

4. PCB - Parti communiste de Biélorussie; leader: V. Tchikine. Ce nouveau PCB, qui se veut le continuateur de l'ex-PCB soviétique, est issu d'une scission intervenue le 02-11-1996 dans le Parti biélorusse des communistes (PCB) qui défend les intérêts de la petite et moyenne bourgeoisie compradore et soutient le parlement bourgeois. Quant au nouveau PCB, il soutient la politique de passage en douceur au capitalisme de A. G. Loukachenko, président de la république de Biélorussie. Ces deux partis bourgeois sociaux-démocrates usurpent le titre de «communiste». (N.d.T.)

C'est pourquoi une telle unification ne peut donner à la sortie que quelque chose ressemblant à une sorte de PCUS pro-gorbatchyovien, veule, organiquement faible, incapable, et par conséquent sans danger pour les régimes bourgeois.

Nous estimons également qu'il n'y a pas non plus de raison de reconstituer aujourd'hui une nouvelle fois une sorte d'Union des partis communistes de Russie. En effet, le Roskomsoyouz-(abréviation syllabique russe des partis communistes de Russie, (N.d.T.), dont nous sommes sortis par décision de notre Plénum de 1998, est tombé à l’eau à cause du fait qu'il n’est même pas parvenu à réaliser en pratique la première étape du processus d'unification: l’unité d’action. Souvenons-nous que d'oppositions se sont manifestées il y a deux ans à l'adresse des bolcheviks lors de la tentative de créer un numéro, même unique, d'un journal commun à l'ensemble du Roskomsoyouz.

Beaucoup d’appels à l'unification organique fusent également du côté des leaders frais émoulus de partis aux ordres qui ont poussé comme des champignons ces derniers temps avec des appellations communistes provocantes soulignant le souci qu'ils ont de 1'état du mouvement ouvrier. Mais, premièrement, où les leaders de ces partis en voie de néo-formation traînaient-ils leurs guêtres durant la période de ces quinze années de débauche contre-révolutionnaire? Pourquoi ne désirent-ils entrer dans aucun des partis communistes actuellement en activité depuis déjà longtemps (PCBtUS, POCR, PdCR, PCR-PCUS)? Le spectre de ces partis est très large et, par rapport à eux, les partis nouvellement créés ne déclarent rien de nouveau et ne font que morceler encore un peu plus le mouvement communiste en l'affaiblissant, en semant la confusion dans les esprits des citoyens et, de ce fait, travaillent à l'avantage des régimes de la contre-révolution, qu’ils le reconnaissent ou non. Ceux qui, spéculant sur l'analphabétisme politique de la classe ouvrière à présent isolée, créent des partis prétendument ouvriers avec divers suffixes à leur appellation sont particulièrement dangereux. En pratique, leurs leaders viennent en aide à l'isolement du mouvement ouvrier du mouvement communiste et détournent les ouvriers de la lutte politique en les entraînant dans le marais de l’anarcho-syndicalisme et de l'opportunisme communiste de Russie. (N.d.T.)

Et que valent les déclarations du camarade Kozlov, leader dans le passé de la Section de Leningrad du PdCR, faites à la Conférence du Combinat de pâtes à papier de Viborg en automne 1999 lorsque le président annonça qu'il donnait la parole à N. Andréyeva du PCBtUS. Le camarade Kozlov, qui s'était auto-inclus dans la commissions chargée d'élaborer la résolution de la conférence, déclara alors que les leaders des partis communistes ne devaient pas prendre la parole à la conférence car c’était une conférence du personnel ouvrier(!). On se demande alors ce que faisait lui-même le «communiste» Kozlov dans la commission chargée d'élaborer la résolution. Et comment doit-on alors considérer la prétention même à l'existence d'un parti communiste dirigé par Kozlov si celui-ci sépare les communistes du mouvement ouvrier? Qui a besoin d'un tel parti «communiste» et pour quoi faire? En effet, suivant Lénine, le parti communiste est l'avant-garde politique de la classe ouvrière. De plus, l'organisation de Leningrad du PdCR dirigée par Kozlov a naguère pris une part active aux actions de l'organisation anticommuniste bien connue «mémorial», pleurant avec elle les victimes des fameuses mesures staliniennes de répression. Il est vrai que l'anti-stalinisme historique des partis PdCR, PCR-PCUS et POCR est prédéterminé par le fait que les deux premiers sont issus de la plate-forme marxiste au sein du PCUS qui était imprégnée de l'anti-stalinisme de l'époque khrouchtchyovienne).

6. A la fin des années quatre-vingt, en pleine pérestroika gorbatchyovienne, en plein processus de décomposition politique du PCUS, différentes plates-formes politiques sont apparues au sein même du PCUS dont les plus importantes sont, de droite à gauche: une plate-forme dite «démocratique» (droite et extrême droite fascisante) avec Routshoi, Yakovlev, Chevardnadze, Volski, Chataline et d'autres; une plate-forme que l'on pourrait qualifier de «centriste», de tendance gorbatchyovienne, avec Roi Medvédev, Dénissav et d'autres; la plate-forme marxiste, de tendance anti-gorbatchyovienne et anti-pérestroikienne, avec Kryoutchkov, Prigarine (tous les deux opportunistes anti-stalinistes de psychologie khrouchtchyovienne) et N. A. Andréyeva. Après que tous les efforts de N. A. Andréyeva pour bolchéviser cette chtchyovienne, tandis que le POCR se trouve dirigé par la petite partocratie du PCUS éduquée dans l'esprit khrouchtchyovien. C'est pourquoi le POCR prêche le même anti-stalinisme, mais il le fait avec plus de subtilité, en recourant à diverses espèces d’arrangements des faits historiques concrets, tirant des conclusions subjectives sur la base de faits historiques dénaturés. J’estime nécessaire de souligner qu'au Colloque international de Bruxelles en 1992 déjà, l’anti-stalinisme a été défini par nous comme la forme la plus dangereuse de 1'opportunisme moderne, comme le cheval de Troie dans le mouvement communiste de la seconde moitié du XXe siècle. Cette définition de l'anti-stalinisme est admise par le mouvement communiste international comme scientifiquement fondée et est à présent largement employée dans le mouvement communiste à 1'étranger.

De quelle unité d'action peut-on parler lorsque le service d'ordre du POCR chasse brutalement, physiquement, les bolcheviks de la tribune lors de la manifestation communiste sur la place du Palais à Leningrad sous les sourires ravis des opportunistes PCR-iens qui se tenaient à côté sur la tribune? On se demande ce que vaut la qualité de communiste du POCR qui, dans les faits, est de connivence avec le PCR.

Je n'ai pas cité cela pour faire de la peine ou offenser qui que ce soit, mais pour montrer qu'il n’y a aujourd'hui ni raisons objectives, ni raisons subjectives de s’unifier organiquement. C’est pourquoi quelqu'un peut toujours avoir envie de sauter par-dessus les étapes et faire cocorico sur l'unification organique de tout le monde en un seul, à part la ruine, intervenant peu de temps après cela, de l'unification toute nouvellement sortie de l'œuf et, de ce fait, le discrédit de toutes les entités s'étant ainsi unifiées et du processus d'unification lui-même, il ne peut en résulter rien d'autre. C'est pourquoi nous répétons encore une fois que l’unification doit commencer par l'unité d'action qui, malheureusement, n’a même pas pu être obtenue au sein du Roskomsoyouz.

Notre schéma de l’unification a été vérifié par la vie. Je me permets de le rappeler: ce n'est que par l'unité d’action que l'on parvient à une position politique commune et, ensuite, à une idéologie commune, et ce n'est également que par cette dernière que l'on peut réaliser l'unité organique, Aujourd'hui, nous proposons de créer quelque chose dans le genre d’un Conseil consultatif ou coordinatif de toutes les forces d’opposition au régime. Chaque organisation ou mouvement qui entrerait dans cet organe coordinatif (consultatif) y enverrait son représentant, cet organe ayant pour mission de combiner et mettre au point une tactique commune pour résoudre une question concrète donnée. A titre d'exemple, l’attitude à avoir dans le problème de l'achat et vente de la terre et nos actions combinées contre cela, notre tactique commune dans la défense des détenus politiques sur le territoire de toute ancienne république fédérée quelle qu'elle soit, notre action commune dans le temps et sur l'ensemble du territoire de l'Union soviétique à propos d’un problème concret donné, etc.

Je pense qu'un tel organe consultatif coordinatif devrait se réunir une fois par mois et, en cas de nécessité pour résoudre une question concrète, immédiatement, afin de combiner la tactique des actions à mener par tous les partis et mouvements entrant dans ce regroupement.

La transmission à tous des recommandations d'un tel conseil devrait être assuré par les partis (par ceux, disons, qui sont présents aujourd'hui à cette conférence) suivant une liste de ceux à informer.

Si une telle proposition était adoptée aujourd'hui, il me semble que l'on pourrait déjà convoquer une conférence en mai en y invitant ceux qui veulent vraiment, dans les faits, ce qu'ils disent en paroles et regarder ici ou là durant une année qui vaut quoi et comment il travaille Ensuite, fixer dès lors le statut des participants à ce Conseil coordinatif. Et il faudrait commencer, pour l'intermédiaire de ce Conseil, une campagne contre ces aventuriers, on ne saurait les appeler autrement, qui, durant ces quinze années de progression de la contre-révolution, ont été des observateurs indifférents et qui à présent, en créant des partis aux ordres, font au fond la politique du régime suivant le principe «diviser pour régner».

Et le principal, il faut enfin commencer à travailler dans les faits avec la classe ouvrière et non pas l’utiliser en qualité de moutons dans une prochaine campagne électorale de routine comme cela est nettement apparu lors de la Conférence au Combinat de pâtes à papier de Viborg.

Naturellement, les ouvriers s'en aperçoivent et c'est pourquoi ils ont une attitude plutôt rnauvaise vis-à-vis des communistes, et ce n'est pas, comme nous le voyons, qu à cause de Zyouganov.

Mais, comme l’on sait, en politique, il n’y a pas d’amis perpétuels, mais il y a des intérêts perpétuels. Nous avons tous un intérêt commun: la lutte contre la contre-révolution, si ce dont nous parlons et ce que nous déclarons correspond effectivement à nos intérêts. C'est pourquoi nous sommes condamnés à agir ensemble, à nous aider l'un l'autre, que nous plaisions à certains personnellement ou que nous leur soyons antipathiques. C’est pourquoi, en dépit dune hostilité manifeste à notre égard de la part de certaines personnes présentes ici même, nous proposons, pour la ennième fois, d’agir ensemble pour renforcer notre position commune. Il ne nous est pas donné d'autre voie.

Moscou, le 22 avril 2000.

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